Lapacho, pour un bien-être vasculaire

par Margot Delaunay 17 avril 2025
Des fleurs de Lapacho
Sommaire

    Tapez « lapacho bienfaits » dans un moteur de recherche et vous tomberez sur deux discours opposés. D'un côté, une écorce sud-américaine présentée comme une solution à presque tout, de la circulation à la tension en passant par les défenses naturelles. De l'autre, des pages qui parlent de toxicité et de contre-indications. La vérité se situe entre les deux, et elle est plus intéressante que l'un ou l'autre de ces raccourcis.

    Le lapacho, aussi appelé pau d'arco, est une plante médicinale employée depuis longtemps en Amérique du Sud. Son écorce contient des molécules qui ont réellement intéressé la recherche, et qui expliquent aussi pourquoi on ne la prend pas à la légère. Voici ce que l'on sait de cet arbre, de ses usages, de ce qu'il fait ou ne fait pas sur la tension, la circulation ou le cholestérol, et des précautions à respecter.

    Le lapacho, un arbre d'Amérique du Sud aux multiples noms

    Le lapacho est un grand arbre de la famille des Bignoniacées. Son nom botanique actuel est Handroanthus impetiginosus. Vous le trouverez encore souvent sous son ancien nom, Tabebuia impetiginosa, sur les étiquettes et dans les ouvrages de phytothérapie : il s'agit de la même espèce, simplement reclassée par les botanistes. Son aire naturelle s'étend de l'Amérique centrale jusqu'au nord de l'Argentine, en passant notamment par le Brésil et le Paraguay.

    Selon les pays et les langues, l'arbre lapacho change de nom. On parle de pau d'arco ou d'ipê roxo au Brésil, de lapacho dans les pays hispanophones. On croise aussi l'orthographe « lapatcho » sur certains sites. Tous ces termes désignent la même plante, ou des espèces très proches du même genre. Attention en revanche au « paroka » : aux Antilles, en Guadeloupe notamment, ce nom créole désigne la margose (Momordica charantia), une plante grimpante sans aucun rapport avec le lapacho.

    💡 Le saviez-vous ? En portugais, pau d'arco signifie littéralement « bois d'arc ». Le bois de cet arbre est réputé très dense et très dur. Quant à ipê roxo, il fait référence à la couleur de sa floraison : roxo veut dire « violet ». Au moment de la floraison, l'arbre se couvre de fleurs roses à pourpres, souvent avant même l'apparition des feuilles.

    L'écorce interne, la seule partie utilisée

    Le bois et les fleurs ne sont pas concernés par l'usage en phytothérapie. Ce que l'on recherche, c'est l'écorce de lapacho, et plus précisément sa partie interne, la couche située entre l'écorce extérieure et le bois. Elle est séchée puis découpée en copeaux, ou broyée en poudre pour les gélules. Un produit sérieux indique cette partie de plante et le nom botanique sur l'étiquette.

    Lapacho, plante médicinale : un usage traditionnel ancien

    Les populations amérindiennes d'Amérique du Sud emploient l'écorce de lapacho depuis longtemps dans leur pharmacopée traditionnelle, le plus souvent sous forme de décoction. Elle est employée en usage interne, pour accompagner l'organisme lors de fièvres ou d'états infectieux, et en usage externe, appliquée sur la peau.

    Un usage traditionnel, même ancien, renseigne sur la façon dont une plante a été employée. Il ne démontre pas qu'elle produit l'effet qu'on lui prête.

    Ce que contient l'écorce de lapacho : lapachol et β-lapachone

    L'écorce de lapacho doit sa réputation à une famille de molécules, les naphtoquinones. Les deux plus connues sont le lapachol et la β-lapachone. Ce sont elles qui ont été isolées, analysées et testées en laboratoire, et ce sont aussi elles qui expliquent les principales précautions d'emploi.

    Un point de chimie aide à comprendre la suite : la vitamine K, indispensable à la coagulation du sang, appartient elle aussi à la famille des naphtoquinones. Cette parenté éclaire l'effet du lapachol sur la coagulation observé lors des travaux menés chez l'homme, sur lequel on reviendra dans les parties consacrées à la circulation sanguine et aux dangers du lapacho.

    Les molécules qui ont rendu le lapacho célèbre sont aussi celles qui imposent la prudence. On ne peut pas parler des unes sans parler des autres.

    Lapacho bienfaits : ce que dit la tradition, ce que dit la recherche

    Les bienfaits du lapacho que l'on lit un peu partout sont nombreux : action sur les défenses naturelles, sur les infections, sur la peau, sur la circulation, sur le sommeil. La plupart de ces affirmations reprennent les usages traditionnels en les transformant en promesses. Or aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe pour le lapacho, et les données humaines restent très limitées.

    Les vertus du lapacho étudiées en laboratoire

    Les vertus du lapacho qui ont été réellement explorées concernent surtout ses naphtoquinones. Des travaux en laboratoire, sur des cellules ou des micro-organismes en culture, se sont intéressés à leur activité vis-à-vis de certaines bactéries et de certains champignons, ainsi qu'à leurs effets sur des mécanismes liés à l'inflammation. Ces résultats ont justifié des recherches, pas des conclusions : ce qui se passe dans une boîte de culture ne se reproduit pas forcément dans le corps humain.

    Lapacho et peau

    L'usage externe de l'écorce sur la peau fait partie de la tradition sud-américaine. Le nom d'espèce, impetiginosus, évoque d'ailleurs l'impétigo, une infection cutanée. Mais aucune donnée solide ne permet d'attribuer au lapacho un effet sur une affection de la peau. Une lésion qui ne guérit pas, une rougeur qui s'étend ou une infection cutanée relèvent d'un médecin ou d'un dermatologue.

    Lapacho et foie

    On lit parfois que le lapacho « draine » ou « soutient » le foie. Rien dans les données disponibles ne permet de l'affirmer. À l'inverse, en cas de maladie du foie connue, la prudence s'impose avec toute plante riche en molécules actives, et le lapacho ne fait pas exception : demandez l'avis de votre médecin avant d'en prendre.

    Lapacho et hypertension, circulation sanguine, cholestérol : la réponse honnête

    Le lapacho est souvent associé au « bien-être vasculaire ». Voici ce que l'on peut dire, sujet par sujet, sur la tension, la circulation et le cholestérol.

    Lapacho et hypertension : peut-il faire baisser la tension ?

    Il n'existe pas d'étude clinique sérieuse montrant que le lapacho fait baisser la tension artérielle chez l'homme. L'association entre lapacho et hypertension vient surtout de textes qui ont transformé cette image de plante « vasculaire » en promesse sur la tension, sans base scientifique.

    Si vous avez de l'hypertension, le lapacho ne remplace ni un traitement ni un suivi médical. Et si vous prenez déjà un antihypertenseur, n'ajoutez pas de plante à votre traitement sans en parler à votre médecin ou à votre pharmacien. L'hypertension se soigne avec un médecin, pas avec une écorce.

    Lapacho et circulation sanguine : d'où vient l'idée qu'il « fluidifie le sang » ?

    L'idée que le lapacho agirait sur la circulation sanguine a une origine réelle, mais elle a été mal interprétée. Lors des essais menés sur le lapachol dans les années 1970, l'un des effets indésirables observés concernait la coagulation du sang. Autrement dit, ce que certains présentent comme un effet « fluidifiant » bénéfique est en fait un signal de risque : une coagulation perturbée, c'est un risque de saignement, pas une meilleure circulation.

    C'est pour cette raison que le lapacho est contre-indiqué avec les anticoagulants et les antiagrégants plaquettaires, et qu'on l'arrête avant une chirurgie. Si votre objectif est le confort circulatoire, d'autres plantes ont un usage traditionnel plus établi sur ce terrain, comme la vigne rouge en gélules, traditionnellement utilisée pour le confort des jambes. Pour une vue d'ensemble, consultez notre article sur les aliments et plantes associés à une bonne circulation sanguine.

    Lapacho et cholestérol

    Même constat pour le lapacho et le cholestérol : aucune donnée humaine ne permet de dire qu'il agit sur le taux de cholestérol. Un cholestérol élevé se surveille par prise de sang et se prend en charge avec votre médecin, en commençant le plus souvent par l'alimentation et l'activité physique. Si vous êtes sous traitement hypocholestérolémiant, signalez toute prise de complément à votre médecin.

    ❌ Ce qu'on lit souvent

    • « Le lapacho fait baisser la tension »
    • « Il fluidifie le sang et améliore la circulation »
    • « Il fait baisser le cholestérol »
    • « C'est un remède naturel sans danger »

    ✅ Ce qu'on sait réellement

    • Aucune étude humaine solide sur la tension
    • Un effet possible sur la coagulation, qui est un risque et non un bénéfice
    • Aucune donnée humaine sur le cholestérol
    • Des contre-indications réelles, détaillées plus bas

    Lapacho et cancer : pourquoi le lapachol a été abandonné

    Le sujet circule beaucoup, il mérite une réponse claire. Dans les années 1970, le lapachol a été étudié pour ses propriétés anticancéreuses. Les recherches ont été abandonnées : aux doses qui auraient été nécessaires pour espérer un effet, les effets indésirables étaient trop importants, notamment des troubles de la coagulation et des nausées.

    La β-lapachone continue d'intéresser les chercheurs en laboratoire, mais cela ne fait pas du lapacho un produit utile contre le cancer. À ce jour, aucune utilité anticancéreuse n'est établie pour le lapacho, sous quelque forme que ce soit.

    ⚠️ Attention : si vous suivez un traitement contre un cancer, ne prenez pas de lapacho sans l'accord de votre oncologue. Une plante qui peut agir sur la coagulation n'est pas anodine pendant une chimiothérapie, avant une intervention ou en cas de plaquettes basses. Aucune plante ne remplace un traitement anticancéreux.

    Tisane de lapacho : comment préparer une décoction

    La tisane de lapacho reste la forme traditionnelle. Le mot « infusion » est souvent employé, mais il est un peu trompeur : l'écorce est dure et ligneuse, et une simple infusion à l'eau chaude, comme pour du thé, en extrait peu de choses. On prépare donc une décoction.

    1
    Dosez selon l'emballage La quantité d'écorce par tasse varie selon la coupe des copeaux et le fabricant. Suivez les indications du produit plutôt qu'une recette trouvée sur un forum.
    2
    Faites bouillir doucement 10 à 15 minutes Mettez l'écorce dans l'eau, portez à ébullition, puis baissez le feu et laissez frémir 10 à 15 minutes, à couvert de préférence.
    3
    Filtrez et dégustez Laissez reposer quelques minutes hors du feu, puis filtrez. Le goût est boisé, légèrement amer. Une cuillère de miel adoucit l'ensemble si vous le trouvez trop marqué.

    Les bienfaits de la tisane de lapacho ne diffèrent pas de ceux des autres formes : il s'agit d'un usage traditionnel, sans effet démontré. Les précautions, elles, s'appliquent de la même façon, quelle que soit la forme.

    Tisane, poudre ou gélules : quelle forme choisir ?

    Forme Ce que c'est Pour qui
    Écorce en copeaux Écorce interne séchée et découpée, à préparer en décoction Ceux qui aiment le rituel de la tisane et ne craignent pas un goût boisé.
    Poudre Écorce broyée finement Plus rare, et plus difficile à doser avec précision.
    Gélules Poudre d'écorce en dose fixe, sans goût Ceux qui veulent un dosage régulier et une prise simple au quotidien.

    Si vous préférez les gélules, le lapacho en gélules de Graine Sauvage contient uniquement de la poudre d'écorce de lapacho, dans une gélule végétale, sans additif, avec 60 gélules par flacon et une fabrication française. La posologie à respecter est indiquée sur le produit.

    Graine sauvageLapacho en gélules - Graine Sauvage 9,99 € Voir le produit

    Lapacho danger : effets secondaires et contre-indications

    Contrairement à ce qu'affirment certains textes, le lapacho n'est pas une plante « sans danger ». La question du lapacho danger est légitime, et la réponse dépend de deux choses : la dose et votre situation personnelle.

    Les effets secondaires du lapacho

    Les effets secondaires du lapacho les plus courants sont digestifs : nausées, inconfort gastrique, parfois diarrhée. Ils apparaissent surtout lorsque la dose est trop élevée. Le lapachol pris à forte dose est par ailleurs toxique, et c'est son effet sur la coagulation, avec un risque de saignement, qui a conduit à l'abandon des recherches des années 1970. Respecter la posologie du produit n'est donc pas une formalité.

    Les contre-indications du lapacho, situation par situation

    Votre situation Ce qui se joue Conduite à tenir
    Anticoagulants ou antiagrégants Effet possible du lapacho sur la coagulation, qui peut s'ajouter à celui du traitement. Contre-indiqué. Ne pas en prendre.
    Chirurgie programmée, soins dentaires invasifs Risque de saignement accru. Arrêter avant l'intervention, selon la consigne de l'équipe médicale, et le signaler à l'anesthésiste.
    Trouble de la coagulation connu Même logique que ci-dessus. À éviter. Avis médical.
    Grossesse et allaitement Pas de données de sécurité suffisantes. Déconseillé.
    Enfants et adolescents Absence de données. Ne pas donner.
    Traitement au long cours, maladie chronique (cœur, foie, reins, cancer) Interactions mal connues, terrain fragile. Avis du médecin ou du pharmacien avant toute prise.

    ⚠️ Attention : en cas de saignement inhabituel (gencives, nez, bleus qui apparaissent facilement, saignements prolongés), arrêtez le lapacho et consultez un médecin.

    Quelle posologie pour le lapacho ?

    La posologie du lapacho dépend entièrement de la forme et de la concentration du produit. Suivez les indications de l'emballage, sans les dépasser, et préférez une prise en cure limitée dans le temps plutôt qu'en continu. Doubler la dose n'apporte rien de plus, sinon davantage de risques d'effets indésirables.

    Témoignages et forums sur le lapacho : ce qu'il faut en retenir

    Sur les forums, les témoignages sur le lapacho sont nombreux, souvent enthousiastes. Ils racontent une expérience personnelle, mais ne permettent pas de savoir ce qui revient à la plante, à d'autres changements de mode de vie ou au temps qui passe, et mentionnent rarement la dose ou les effets indésirables.

    Deux types de messages doivent vous alerter : ceux qui affirment que le lapacho est sans danger, et ceux qui racontent avoir arrêté ou réduit un traitement grâce à lui. Le premier contredit ce que l'on sait du lapachol. Le second peut avoir des conséquences graves, surtout en cas d'hypertension ou de maladie cardiovasculaire.

    📌 À retenir

    • Lapacho, pau d'arco et ipê roxo désignent le même arbre, Handroanthus impetiginosus. On utilise son écorce interne.
    • Ses molécules phares, le lapachol et la β-lapachone, ont été étudiées en laboratoire, sans bénéfice démontré chez l'homme.
    • Aucune étude ne permet d'affirmer un effet sur l'hypertension, la circulation sanguine ou le cholestérol.
    • Le lapachol a été abandonné en cancérologie à cause de ses effets indésirables.
    • Anticoagulants, antiagrégants, chirurgie, grossesse et allaitement : le lapacho est à éviter.
    • La tisane se prépare en décoction de 10 à 15 minutes, en suivant le dosage du produit.

    Questions fréquentes sur le lapacho

    Quels sont les bienfaits du lapacho ?

    Aucun bienfait n'est officiellement reconnu en Europe pour le lapacho. Son écorce est utilisée traditionnellement en Amérique du Sud, et ses naphtoquinones, dont le lapachol, ont été étudiées en laboratoire. Ces travaux restent préliminaires et ne permettent de promettre aucun effet chez l'homme.

    Le lapacho est-il dangereux ?

    Il n'est pas sans risque. Il peut provoquer des troubles digestifs, et le lapachol, à forte dose, agit sur la coagulation du sang. Il est contre-indiqué avec les anticoagulants et les antiagrégants, avant une chirurgie, pendant la grossesse et l'allaitement. En dehors de ces situations, respectez la posologie du produit et demandez l'avis d'un professionnel de santé si vous suivez un traitement.

    Le lapacho est-il bon contre l'hypertension ?

    Aucune étude clinique sérieuse ne montre que le lapacho fait baisser la tension. Il ne remplace en aucun cas un traitement contre l'hypertension. Si vous prenez un antihypertenseur, parlez-en à votre médecin avant d'ajouter une plante, quelle qu'elle soit.

    Le lapacho agit-il sur la circulation sanguine ou le cholestérol ?

    Rien ne permet de l'affirmer. L'idée qu'il « fluidifie le sang » vient d'un effet du lapachol sur la coagulation, qui est un risque de saignement et non un bénéfice circulatoire. Sur le cholestérol, il n'existe pas de données humaines. Ces deux sujets se suivent avec votre médecin.

    Comment préparer une tisane de lapacho ?

    En décoction : mettez l'écorce dans l'eau, portez à ébullition, puis laissez frémir doucement 10 à 15 minutes avant de filtrer. La quantité d'écorce dépend du produit, suivez les indications de l'emballage. Le goût est boisé et légèrement amer, un peu de miel l'adoucit.

    Quelle posologie pour le lapacho ?

    Elle dépend de la forme et de la concentration, il n'existe donc pas de dose universelle. Suivez la posologie inscrite sur le produit, sans la dépasser, et privilégiez des cures limitées dans le temps. Demandez conseil à votre pharmacien si vous suivez un traitement.

    Quelles sont les contre-indications du lapacho ?

    Traitement anticoagulant ou antiagrégant, trouble de la coagulation, chirurgie ou soins dentaires invasifs à venir, grossesse, allaitement, enfants. En cas de maladie chronique ou de traitement au long cours, un avis médical s'impose avant toute prise.

    Lapacho et pau d'arco, est-ce la même plante ?

    Oui. Pau d'arco est le nom brésilien du lapacho, que l'on appelle aussi ipê roxo. Le « paroka » des Antilles, lui, est une autre plante : la margose. Le nom botanique du lapacho est Handroanthus impetiginosus, anciennement Tabebuia impetiginosa. Dans tous les cas, c'est l'écorce interne de l'arbre qui est utilisée.

    Article rédigé par

    Portrait de Margot Delaunay, rédactrice bien-être et phytothérapie chez Soinature

    Rédactrice bien-être

    Passionnée par la phytothérapie et les approches naturelles du quotidien, j'explore pour Soinature les bienfaits des plantes et des actifs végétaux. Mon objectif : rendre accessible une information fiable, sourcée et concrètement utile.